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 Phưc Đắt Bỉch

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Messages : 1
Date d'inscription : 11/12/2015

MessageSujet: Phưc Đắt Bỉch   Ven 11 Déc - 23:44

BG de Phưc Đắt Bỉch

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Si je ressens le besoin aujourd’hui d’ouvrir ce carnet, c’est dans l’espoir que l’écriture me permettra d’y voir plus clair.
Dans 4 jours, ça fera 6 mois que mon grand-père est décédé.
Bien que ce fût un homme dur et parfois violent, c’était pour moi ma seule famille.
Bien sûr, il me reste ma mère et mon père. Mais comment pourrais-je les considérer encore comme ma famille ? Mon père est un lâche, et ma mère fait partie des leurs.
Mon grand-père, contrairement à eux, était intègre, courageux, et n’a jamais perdu de sa force malgré les humiliations. Il a connu la grande-guerre. Parfois il me racontait comment était le monde extérieur avant la grande catastrophe. Parfois seulement. Il n’était pas du genre loquace. Mais ses récits sont gravés dans mon sang. Il avait la haine. Je l’ai aussi. La rage peut sauter des générations. C’est génétique tout ça. C’est sûrement pour ça que je ressemble plus à mon grand-père que mon père ne lui a jamais ressemblé. D’ailleurs c’est également grâce à cette divine génétique que je ressemble si peu à ma mère. Merci Saint-Génome.

Je travaillais depuis l’âge de 10 ans avec mon grand-père en cuisine. Il m’a appris à préparer des plats qui nous viennent de nos traditions. Il m’a appris à ne pas perdre le sens de la tradition. C’est pour cette raison que j’ai édifié un autel à son effigie dans mon casier. Il y a sa photo, et j’y brûle de l’encens régulièrement. Il faisait pareil pour son père. Il appelait ça « le culte des ancêtres ». Grâce à ça, il est toujours avec moi. Il veille sur moi. Et comme j’ai confiance en lui, rien ne peut m’arriver.
Il m’a également appris l’art de se battre. Le Việt Võ Đạo. Depuis mon plus jeune âge je m’entrainais avec lui quasi-quotidiennement. Je continue à le faire en l’honneur de sa mémoire. J’ai pu apprendre à manier de nombreuses armes telles que le bâton, l’épée, la lance ou le fléau. D’ailleurs, ces salopards de gardes sont passés prendre les armes de mon grand-père le lendemain de sa mort. Si c’est pas un putain de manque de respect ça. Ils ne sont jamais venus avant parce que tous le craignaient. Le pire c’est qu’il y avait un des nôtres dans leur équipe de gardes. Je les déteste encore plus que tous les autres. Mon père en aurait été capable. C’est pour ça que je chie sur mon père.
Heureusement que mon grand-père m’avait offert la plus belle de ses armes peu avant sa mort : un Sống Đạo ancestral en parfait état avec son étui. C’était mon arme préféré lors de nos entrainements. C’est une sorte de couteau en bien plus mortel. Avec le temps passé en cuisine, j’ai naturellement développé une dextérité toute particulière avec les couteaux. Je le cache dans un renfoncement derrière mon casier. J’y tiens comme à la prunelle de mes yeux.
Un autre cadeau de mon grand-père réside dans cette cachette : un vieux pistolet et son silencieux. Mon grand-père m’a également appris à m’en servir. Nous sommes allés tirer sur des rats à de nombreuses reprises. Mais une fois les rudiments acquis, il ne me proposa plus jamais d’aller m’entrainer au tir. Seul l’entrainement physique tel qu’enseigné par notre tradition avait vraiment de l’importance. Il m’avait expliqué que ce pistolet avait été donné à son père lors d’une vielle guerre qui avait opposé les Etats-Unis à mon peuple. Ces enculés ont toujours été les pires meurtriers de la planète tout en s’octroyant le meilleur rôle. Ils ont décimé mon peuple, et bien que je ne les ai jamais connu, je souffre pour mes frères.

Bien sûr, ils ne parlent pas de tout ça dans ce maudit abris. Je sais tout ça grâce à mon grand-père. Plus les générations passent, et plus ils sont asservis aux mensonges de notre « Grand Superviseur ». Plus ils me haïssent pour ma ressemblance avec les chinois, ces « bêtes assoiffés de sang à la peau jaune ». A en croire le superviseur, ça serait à cause d’eux qu’on se retrouve cloitré dans nos abris. Mon avis est que la réalité est tout autre…
Mon père lui, il se fou de tout ça, il ne se pose pas de questions. Il dit que ce pays est désormais le nôtre et que nous devons lui être reconnaissants de nous avoir offert une place dans cet abri. Il est encore plus crédule et servile que tous ces blanc-becs. Je le hais…

Il n’a rien fait lorsque ces salopards me sont tombés dessus…
J’avais 13 ans. J’étais seul. Ils étaient six. Ils avaient peut-être 10 ans de plus que moi. Ils m’ont roué de coups. J’ai bien faillit y passer. Tout ça parce que d’après eux j’étais forcément un descendant des chinois vu ma gueule.
Depuis, mon œil gauche dit régulièrement merde à mon œil droit. Heureusement, je n’ai perdu aucune acuité visuelle. Mais avec mon œil qui se barre lorsque je ne me concentre pas, je peux oublier les rapports normaux avec autrui. Y a qu’à voir comment tout le monde me dévisage maintenant. Lésion nerveuse du nerf oculomoteur d’après ce qu’a dit le médecin. J’ai déjà de la chance d’avoir récupéré le contrôle partiel de mon œil selon lui…

Inutile de vous dire la joie que j’ai éprouvé lorsque j’ai vu leur gueule dans la rubrique nécrologique du journal de l’abri. Les six ont été dessoudés la même nuit alors qu’ils résidaient dans des quartiers distants pour certains. Personne n’a rien vu. Personne n’a rien entendu. Tous morts d’une balle dans le front, leur tête recouverte par leur oreiller. Aucune investigation n’a réussi à aboutir à une quelconque piste malgré l’originalité du format des balles extraites du crâne des défunts. Mais moi je sais qui a fait ça. Je sais que mon grand-père n’avait pas pu accepter ce qui m’était arrivé. Et c’est le seul homme que je connaisse capable d’une telle prouesse. Il ne me l’a jamais avoué. Je me souviens que rien n’avait changé en lui le lendemain de cette affaire. Et lorsqu’il vit mon sourire, il me gratifia même d’une gifle en m’expliquant qu’il ne faut jamais se réjouir de la mort de quelqu’un, surtout dans des circonstances pareilles. Mais je sais que c’était lui.

Assez parlé du passé. J’en peux plus de cet abri de merde. J’étouffe. Maintenant que mon grand-père n’est plus là, plus rien ne me retient. Et peu importe ce qu’il y a derrière ces foutues portes, je trouverai un moyen de sortir d’ici. Ils disent que je vais mourir. Mais ils n’en savent rien. Et s’ils ont raison, je préfère une mort rapide à une lente agonie de toute façon. Et si cela cause la mort de tous les autres habitants en plus de la mienne, ça ne sera que du bonus !
Toutes ces âmes qui grouillent six pieds sous terre ne méritent pas de vivre de toute façon. Elles ont eux-mêmes creusé leur tombe, et il est désormais l’heure pour moi de quitter cet édifice funéraire…
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Phưc Đắt Bỉch
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